Terre mouvante

Roger Zelazny
Presses Pocket
1986
219 pages

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Depuis un certain temps, je me suis mise en tête de lire les plus grands noms de la SF et bien entendu, Zelazny faisait partie du nombre. Trouvée dans une boîte à livre, cette splendide édition de Terre mouvante m’a tout de suite séduite. Mélange entre de la SF et de la fantasy j’ai vite accroché au style de l’auteur qui me rappelait Michel Jeury, celui qui a été le créateur de ma passion pour la science-fiction.

Jelerak le plus grand des sorciers est disparu, ou du moins, il est affaibli. Bien des rumeurs circulent sur lui, mais personne ne sait vraiment s’il est vivant ou non. Depuis son départ du Château sans Âge, sa résidence personnelle, le monstre ancien qui y vit, Talua, a sombré dans la folie. La terre autour du château est assaillie par la puissance des ondes psychiques de sa folie. Devenue un piège d’une puissance magique incroyable pour quiconque aurait dans l’idée de s’attribuer le Château sans Âge durant l’absence de son maître, de nombreux sorciers se lancent tout de même à l’aventure. Mais jusqu’ici aucun n’est revenu. Parmi ces téméraires, on compte le grand Dilvish, un véritable héros de guerre, monté sur son destrier métallique prénommé Black. Contrairement aux autres, cet elfe n’est pas attiré par la puissance qui pourrait être sienne s’il maîtrise Talua et s’il prenait possession du château. Dilvish ne veut qu’une chose. La vengeance. Il veut tuer Jelerak.

Le côté négatif lorsqu’on se laisse aller à un coup de tête pour un livre c’est que bien souvent nous n’en savons rien. Ainsi, c’est après avoir terminé Terre mouvante que j’ai appris qu’il s’agissait du dernier tome d’une série dont je n’avais jamais entendu parler : Dilvish le Damné. J’ai aussi lu plusieurs commentaires sur la piètre traduction de cette édition. J’avoue que je vais plutôt à contre-courant de ces critiques peu élogieuses. Pour ma part, j’ai trouvé que ce livre se lisait aisément, que l’histoire coule très bien même notre intérêt pour les différents personnages dont nous suivons l’histoire peu variée. Donc, sans même avoir lu l’histoire de Dilvish je me suis très bien adaptée à ce monde et à ce personnage dont je trouvais, par contre, le passé très touffu pour un livre d’à peine deux cents pages. Ainsi, on ferme le livre avec quelques interrogations, mais même si l’idée de lire les tomes qui précèdent celui-ci est fort tentante, j’avoue que je crains les répétitions. Pour ce qui est de la traduction, et bien puisque je ne lis pas en VO je ne peux qu’évaluer la qualité de la langue française et non pas la fidélité par rapport à l’original et j’avoue n’avoir remarqué rien de pire que dans une traduction mal faîte de Stephen King.

Ceci étant dit, j’ai vraiment apprécié ce monde créé par Zelazny, un mélange bien équilibré entre la fantasy qui ne m’accroche pas toujours et de la science-fiction bien lourde parfois quasi surréaliste. Ici, les personnages s’éloignent beaucoup de leurs clichés habituels. J’ai d’ailleurs dû abandonner mes préjugés afin de m’adapter à Dilvish qui n’a rien d’un elfe, en fait. Accompagné d’un être dont on ne sait pas grand-chose, Black, mais qui semble être un personnage démoniaque métamorphosé en cheval, j’avais beaucoup de difficulté à le voir comme le valeureux guerrier qu’il est. Toutefois, les nombreux monstres infernaux qui pointent le bout de leur nez dans ce bouquin et qui se font occire par sa lame ont fini par briser mes derniers a priori. Quoique, je l’avoue, j’ai eu un faible pour Black, aux naseaux cracheurs de feu et qui a une puissance magique incroyable. Lorsque j’ai rencontré ces deux-là, j’ai su que je me plairais bien dans ces terres mouvantes.

Le bémol que je donnerais à cette lecture est plutôt léger. Je me serais bien passée de plusieurs personnages qui alourdissaient quelquefois la lecture et n’y apportaient rien de neuf si ce n’est de la tension, mais de ce côté, je crois que l’on en avait bien assez. Je comprends que dans les précédents tomes ils étaient peut-être bien plus importants, mais dans celui-ci, ils ne faisaient que m’empêcher de suivre l’évolution de Dilvish, de Black et de la reine Sémiramis, revenue des morts par la main de Jelerak afin d’apaiser Talua, un monstre bien plus complexe qu’on ne le croirait. Sémiramis avait quelque chose des grandes reines égyptiennes, je l’aurais bien vu manier une lame à de nombreuses reprises, malheureusement elle est surtout une magnifique idole qui a vécu des millénaires grâce à une puissante magie. Elle aura été un autre personnage coup de coeur pour moi.

Terre mouvante c’est une petite trouvaille que j’ai eu bien du plaisir à lire. Je suis consciente qu’il me faudra farfouiller dorénavant pour trouver une édition qui me permette de commencer l’histoire du début pour apaiser mes questionnements et lorsque ce sera fait, j’aurai bien du plaisir à découvrir quel est le lien qui unit Black et Dilvish.

3,5 cafés

Résumé:
«Certains l’appellent Dilvish le Damné. On dit qu’il a rencontré son cheval métallique en enfer. Il blasphème des dieux oubliés des prêtres et semble surgi d’un passé lointain. Meliash, le gardien, le voit sans surprise : beaucoup d’aventuriers ont déjà revendiqué le Château Sans Age. Aucun n’est revenu. Mais ceux-là voulaient maîtriser Talua, le dieu fou aux superpouvoirs enfoui sous le château. Dilvish, lui, a juré la mort du sorcier Jelerak, maître de Talua. Rien de moins. Le gardien lui souhaite bonne route.
Devant lui, des formes ayant l’inconsistance des songes. Des ombres qui tourbillonnent dans la brume. Un paysage qui ondule, vibre et vacille. La terre devient mouvante au voisinage de Talua. Plus loin se dresse le Château Sans Age, ce lieu hors du temps accroché à un coin du monde. Œuvre des Dieux Antiques, indestructible et changeant, il sera encore debout à la consommation des siècles. Dilvish y affrontera les pires cauchemars -y compris ceux qui reviennent de ses vies antérieures.» dos de couverture

Lu dans le cadre du défi ABC 2019

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