La maîtresse des épices

Lu dans le cadre du Challenge Le tour du monde en 8 ans (Inde) de Helran


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Chitra Banerjee
Éditions Philippe Picquier
2002
346 pages

«Pour les familiers qui fréquentent le lieu clos et magique de son épicerie, Tilo est maîtresse dans l’art ancestral des épices. Elle a reçu ce savoir de  » Première Mère  » sur une île secrète de sa terre natale, l’Inde, au prix de l’obéissance à des règles strictes et dans le respect du service et de la dévotion : elle possède le don de faire chanter les épices, mais aussi de guérir comme une véritable thérapeute. C’est ainsi que, dans ce quartier d’immigrés d’Oakland en Californie, elle se penche humblement, secrètement, sur les malheurs de ses clients. Elle pratique les mélanges et les incantations, cherche pour chacun l’épice-racine, clef intime qui restaure l’équilibre du corps et de l’âme. Mais Tilo, au cœur généreux et plein de compassion, violera un à un les interdits, dont celui de l’amour, au risque de remettre en cause ses pouvoirs.» dos de couverture

3,5 cafés

Lu il y a un bout…
J’ai commencé ce livre un peu à froid, ne comprenant pas trop dans quoi je me lançais. Je cherchais surtout un livre qui me parle de cuisine ou d’un thème satellite à celui-ci. Finalement, ce roman n’avait aucun rapport avec la gastronomie. Tilo ne maîtrise pas l’art subtil d’épicer un plat, de doser le cumin et le poivre long, elle ne redonne pas le goût aux gens de cuisiner. Tilo est une magicienne et son pouvoir elle l’exerce grâce aux épices. Les épices qu’elle vend dans sa boutique lui permettent, grâce à leurs propriétés magiques, d’aider les immigrants indiens dans leurs divers problèmes. Elle donne un coup de pouce à la chance de ceux-ci.

Avec La maîtresse des épices, je plongeais pour la toute première fois dans le monde de la littérature indienne et somme toute, j’ai bien apprécié. J’ai adoré l’épicerie de Tilo, le seul élément, finalement, qui est véritablement lié à la cuisine, le thème que je recherchais au départ. J’adorais lire sur les papadums craquants, mais aussi sur les saris magnifiquement colorés. Cette épicerie magique, perdue entre deux immeubles, d’une telle façon qu’il semble facile de l’imaginer disparaître par magie, embaume jusqu’aux narines du lecteur de l’odeur propre de chaque épice qui nous est présentée, chapitre après chapitre.

Toutefois, entre la magie de Tilo qui parle aux épices et la réalité de ces immigrants, j’avoue que j’avais de la difficulté à me situer. Contrairement aux livres de réalisme magique que j’ai lus antérieurement et dont je me suis plongée facilement dans l’atmosphère ambivalente, ici, je ne savais plus à quel monde j’appartenais. Ma tête ne savait plus si elle lisait un livre fantastique ou plutôt l’histoire d’une vieille épicière indienne. De plus, je ne croyais pas en l’histoire d’amour entre Tilo et cet homme qui semble capable de percer sa fausse apparence: celle qu’elle doit porter afin d’être une maîtresse des épices. À partir de son arrivée, j’étais aux aguets: ce type était louche à mes yeux.

En fait, j’ai ressenti plusieurs tensions lors de ma lecture et ma principale, est le rôle de Tilo. Tilo a de grands pouvoirs même pour une maîtresse des épices. Tilo a un très fort caractère, elle est indépendante et elle a toujours eu de la difficulté à obéir aux ordres. Elle n’a rien d’une maîtresse des épices qui est un rôle horriblement ingrat. Imaginez-vous: vous perdez votre corps au profit d’une vieille carcasse qui ne doit jamais attiser le désir. Vous perdez votre destin, car vous devrez toute votre vie être à l’écoute des autres et les aider. Vous devrez vous oublier complètement. N’est-ce pas un rôle typiquement féminin??? Il y avait de quoi me rendre mal à l’aise.

Finalement, La maîtresse des épices m’a permis un premier pas sympathique dans la littérature indienne, mais la magie de Tilo ne semble pas avoir très bien opéré sur moi. Il faudra que je me trouve une autre occasion pour me plonger dans cette riche culture qu’est la culture indienne.

Extraits:
– «Et voilà la cannelle, petit os creux et brun que je fourre sans que tu t’en rendes compte dans ton turban juste avant que tu t’en ailles. Cannelle qui favorise l’amitié, dâlchînî cannelle d’un brun chaud comme la peau, pour que tu trouves quelqu’un qui puisse te prendre par la main, pour courir et rire avec toi, et te dise: «Tu vois, ça c’est l’Amérique, ce n’est pas un si mauvais pays.»
Quant aux autres avec leurs yeux durs comme des cailloux, la cannelle pourfendeuse d’ennemis te donnera de la force, la force qui grandit dans tes jambes et tes bras et surtout dans ta bouche jusqu’à ce qu’un jour tu puisses crier non assez fort et qu’interloqués ils arrêtent. » p.47

 

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